Changer la couleur des yeux : est-ce dangereux ?

La kératopigmentation, la technique qui permet de changer la couleur des yeux, consiste à introduire un pigment dans la cornée, la coupole transparente à l’avant de l’œil, à l’intérieur d’un anneau creusé au laser. Elle ne touche pas à l’iris, situé derrière la cornée. Elle n’entre pas à l’intérieur de l’œil. C’est ce qui la distingue des implants colorés, posés dans l’œil, et de la dépigmentation de l’iris, qui agit sur l’iris lui-même.

La technique pratiquée à New Eyes Paris, dite FLAAK (kératopigmentation annulaire esthétique assistée par laser femtoseconde), a été mise au point par le Dr Francis Ferrari, qui a réalisé la première intervention de ce type en 2013.

C’est malgré tout une intervention chirurgicale, et elle comporte des risques.

Les données publiées sont plutôt rassurantes. Une étude indépendante parue en 2025, portant sur 166 yeux suivis pendant 1 an, n’a relevé aucune modification significative de l’acuité visuelle, de la pression intraoculaire ni du champ visuel. Aucune inflammation, aucune infection, aucune perforation de la cornée, aucun problème de rétine.

Est-ce que ça fait mal ?

Il faut distinguer 2 moments, et c’est une distinction que peu d’articles prennent la peine de faire.

Pendant l’intervention, non. Elle se déroule sous anesthésie locale par gouttes, vous restez conscient, et elle dure environ 30 minutes pour les 2 yeux.

Après, oui, c’est possible. Une étude publiée en 2023 dans BMC Ophthalmology, co-signée par le Dr Ferrari, a interrogé 42 patients sur ce qu’ils avaient ressenti dans les suites :

  • Douleur : 81 % d’entre eux
  • Sécheresse oculaire : 76 %
  • Picotements : 71 %
  • Yeux rouges : 67 %
  • Éblouissement : 56 %
  • Halos lumineux : aucun


Ces chiffres sont élevés. Nous ne les minimiserons pas : la majorité des patients ressent quelque chose dans les heures et les jours qui suivent. Ce qui compte, c’est combien de temps.

À quoi ressemblent les jours qui suivent ?

La douleur, les picotements, l’éblouissement et la rougeur disparaissent en moins de 48 heures chez environ la moitié des patients concernés. Chez les autres, ils durent 1 semaine en moyenne.

La sécheresse oculaire est le symptôme le plus tenace, qui peut durer plusieurs jours après l’intervention. C’est celui dont il faut le plus tenir compte quand vous organisez les semaines qui suivent l’opération.

Des collyres cicatrisants ainsi que des larmes artificielles vous sont prescrits, et une visite de contrôle a lieu dès le lendemain.

Quand puis-je reprendre une vie normale ?

C’est souvent la question pratique qui décide de la date de l’opération. En pratique :

  • Reprise des activités habituelles : en général 48 à 72 heures.
  • Avion : possible dès le lendemain, sauf indication contraire du chirurgien.
  • Maquillage et lentilles : après cicatrisation, généralement 1 semaine.
  • Papiers d’identité : la couleur de vos yeux figure sur vos documents officiels et votre apparence change. Il faudra donc refaire vos photos. Une attestation de changement de couleur des yeux vous est remise.

Ma vue peut-elle en pâtir ?

La zone pigmentée est périphérique : elle n’empiète pas sur l’axe visuel, et une ouverture est conservée au centre. C’est pour cette raison que la vision centrale n’est pas altérée dans les données dont on dispose.

L’étude de 2025 a toutefois mesuré une baisse de la sensibilité aux contrastes, surtout en faible luminosité. Elle reste dans les valeurs normales, mais elle est réelle et mesurable.

Un ophtalmologue pourra-t-il encore examiner ou opérer mes yeux dans 20 ans ?

C’est une inquiétude légitime, et elle a été étudiée.

Si le pigment ne couvre pas le centre de la cornée, ce n’est pas un hasard. Couvrir davantage réduirait votre champ de vision et rendrait plus difficile l’examen du fond de l’œil comme certaines opérations, notamment celle de la cataracte, par exemple.

Une étude parue en 2023 dans l’European Journal of Ophthalmology, également co-signée par le Dr Ferrari, a vérifié ce point sur 60 yeux, 6 mois après l’opération. Le dépistage des maladies oculaires par imagerie et examen clinique a pu être réalisé sans difficulté chez 100 % des patients. La première opération de la cataracte après kératopigmentation a également été réalisée sans problème par le Dr Ferrari en 2019 (voir l’intervention). De nombreuses autres opérations de la cataracte après kératopigmentation ont été réalisées sans problème depuis lors par d’autres chirurgiens.

Et si je dois passer une IRM ?

La question mérite d’être posée, car certains pigments utilisés ailleurs contiennent des composés magnétiques, comme la magnétite (oxyde de fer). Les pigments Neoris® employés à l’institut sont fabriqués en Suisse selon des standards pharmaceutiques et n’en contiennent aucun. Pas plus que de nanoparticules ou d’agents oxydants. Une IRM reste donc possible après l’intervention.

Si vous êtes opéré ailleurs, posez la question. La réponse n’est pas la même partout.

Est-ce que la couleur va s'estomper ?

Les pigments sont conçus pour rester stables et ne pas se dégrader avec les années. Le résultat est durable. Cela dit, un estompement sur le long terme et une résorption partielle du pigment peuvent survenir. Une retouche est alors envisageable, à partir de 1 an après l’opération.

Est-ce que je pourrai revenir en arrière ?

Il faut distinguer 2 choses :

Modifier la couleur obtenue est possible : un ajustement peut être réalisé à partir de 1 an après l’intervention, au cas par cas.

Retirer les pigments : le retrait du colorant est possible en utilisant 2 types différents de lasers et à condition que le pigment n’ait pas été placé trop profondément dans la cornée. Il s’agit cependant d’une opération compliquée, réservée aux patients très motivés, et qui peut dans certains cas entraîner une baisse de l’acuité visuelle.

Qui ne peut pas se faire opérer ?

Tout le monde n’est pas éligible, et la consultation préopératoire sert précisément à le déterminer.

Certaines pathologies constituent une contre-indication : la cataracte non opérée, le kératocône (une déformation de la cornée), une sécheresse oculaire sévère, une dysfonction de l’endothélium cornéen, ou certaines maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde. Le fait d’avoir été opéré de la vue au laser par la technique LASIK ou SMILE peut poser des problèmes particuliers qui seront discutés avec le chirurgien. Si vous avez été opéré de la vue au laser avec la technique PKR, cela ne posera aucun problème.

L’intervention est possible à partir de 21 ans, sans limite d’âge supérieure : c’est l’état de santé de vos yeux qui décide, pas votre âge. Si l’une de ces situations vous concerne, cela ne signifie pas automatiquement non. Cela signifie qu’il faut en parler en consultation. Un test d’éligibilité en ligne permet de vérifier en quelques minutes l’absence de contre-indication majeure. Il ne remplace pas l’examen, mais il évite un déplacement inutile.

Et si le résultat ne me plaît pas ?

C’est une question qu’il vaut mieux poser avant qu’après, et elle n’a rien d’indélicat.

Une correction est envisageable une fois la cicatrisation complète, soit au minimum 1 an après l’opération, et se discute au cas par cas. Elle fait l’objet d’une tarification distincte, détaillée dans notre article consacré au coût de l’intervention.

Une simulation de couleur vous est proposée dès la première consultation, précisément pour réduire l’écart entre ce que vous imaginez et ce que vous obtiendrez. Prenez le temps de vous en servir. Un simulateur est également disponible sur notre site internet.

Ce qu'il faut retenir

Les données publiées ne montrent pas d’atteinte de la vision centrale. Elles décrivent en revanche des suites opératoires fréquentes les premiers jours, une baisse de la sensibilité aux contrastes, surtout en faible luminosité et des contre-indications précises.

Rien de tout cela n’est disqualifiant. Mais ce sont les éléments que vous devez avoir en tête avant de décider. Cet article ne remplace pas une consultation. Seul un examen ophtalmologique complet dira si l’intervention est envisageable dans votre cas. Et l’un des rôles de cet examen est aussi de pouvoir dire non.

Si vous voulez savoir où vous en êtes, commencez par le test d’éligibilité.

Sources